Dogons : une culture africaine

Cette exposition, je devais, voulais y traîner depuis longtemps!

Je devais faire le vernissage presse début avril (et vous n’imaginez pas tous les bons de cabri que j’ai fait dans ma cuisine quand j’ai eu le carton entre les mains)(non parce que mon 1er vernissage presse quoi!) auquel je n’ai évidemment pas pu aller (tristesse inside) pour cause de bricoles (entre attelle, entorse & co béquilles).

Ma patte folle reprenant un peu de service, j’ai enfin pu aller voir cette belle exposition grâce à Laurence du musée du quai branly (bon en boitant parce qu’à force de me rattraper depuis une semaine, le genou est mourru! Mais on lui demande pas son avis… donc!)
Et… Il était temps! Oui, car l’exposition s’achève le 24.07.
Donc, un petit billet vite fait bien fait, in extremis, pour que les petits derniers puissent se dépêcher d’y aller!

C’est la première fois depuis 1994 (je ne vivais pas encore à Paris) (au musée Dapper à l’époque (le musée municipal des arts africains, à mettre sur votre checking list si vous ne connaissez pas)) qu’une exposition est organisée à Paris autour de la culture africaine des Dogons.

 

 

 

L’exposition nous apprend que la statuaire Dogon qui a connu et connaît encore un grand succès est arrivée en Occident dans les années 1960.

Les Dogons sont découverts et commencent à être étudiés en 1904 par le français Louis Desplagnes (militaire alors en poste au Soudan qui participera à de nombreuses missions archéologiques et ethnographiques) ; les premières oeuvres entrent alors au musée ethnographique du Trocadéro.

 

Une première partie nous emmène au coeur de la statuaire Dogon, très connue en France aujourd’hui.

Et dont j’aime les formes, leur simplicité et leur sobriété.

Les sculptures sont toutes en bois dur patinées.

La scénographie s’étale jusque sur le sol, entre différentes sphères d’évolutions et styles régionaux que regroupe la Culture et la Civilisation des Dogons. On peut aussi se contenter de naviguer au milieu des présentoirs vitrés qui s’éparpillent dans l’espace. J’aime cette scnéographie où l’on peut naviguer entre les oeuvres, les regarder sous toutes leurs coutures, plutôt que de se contenter d’un regard dirigiste lorsque tout est aligné contre un mur.

Seul petit défaut, devoir naviguer d’un bout à l’autre à chaque fois si l’on veut bien regarder chaque culture dans l’ordre. Mais est-ce si important?

Issus de l’Empire de Mali, la culture Dogon remonte au Xe siècle de notre ère.

♣ Dans l’exposition nous sont présentées les cultures pré-dogons :  les Djennenkés (10e-15e) formée autour de la ville de Djenné, et leur « descendants » et successeurs les Nduleri  (16e-20e) ; les Tellem (civilisation qui sera par celle des Dogons vers le 15e siècle), les Niongom (dont j’ai apprécié les sculptures très particulières, et visuelles qui suivent la forme des branches d’arbres), ainsi que les Tombo.

 

Statue en boie Djennenke

♣ Avant de nous emmener à travers les différents styles régionaux des Dogons : les Dogons-Mandé, les Tintam, les Bombou-Toro, les Kambari, les Komokan et ceux de la falaise de Bandiagara et de la plaine du Séno.

J’ai particulièrement les statues à patine rouge des Tintam.

 

J’ai replongé avec plaisir dans mes cours d’Histoire de l’Art relégués dans un coin obscur de ma tête! Et ai passé un très bon moment dans cette première salle.

On voit sans cesse revenir le même type d’iconographie, due principalement aux mythes dogons * : des maternités bien sûr, mais aussi une abondance de statues aux bras levées comme sur la première image, des cavaliers, et beaucoup de représentations hermaphrodites, selon la croyance qui dit que l’homme et la femme sont deux moitiés d’un tout et que ce qui a été séparé doit être réuni. J’ai d’ailleurs toujours apprécié ces histoires sur les dogons racontant la part de féminité assumée et consciente des hommes dogons (et vice versa) (peut -être certains occidentaux pourraient ils en prendre de la graine… )

 

Une seconde nous initie à l’univers fascinant des masques (étrangers à notre culture mais très présents et en Afrique et en Océanie)


Le début de cette seconde partie nous montre des fragments de peintures rupestres magnifiques.

Puis tous ces masques, dont le fameux masque kanaka et tant d’autres représentant souvent des animaux mythiques, les masques représentant l’ensemble de la Cosmogonie (le mythe de création) et de l’Univers. Plus de 80 masques sont recensés. Utilisés à chaque rite, ils sont portés par quelqu’un revêtu d’une costume de fibres végétales, l’identité de la personne devant rester inconnue.

Ils sont toujours de formes géométriques.

Planté au milieu de l’espace, la scénographie les met en valeur, permettant au spectateur de tourner autour. On peut ainsi déambuler entre ces masques suspendus en hauteur, sans vitre pour les protéger de la vue, et cette proximité les rend plus saisissants et vivants encore.

 

 

Masque Kanaga

 

 

 

Le troisième et dernier espace est une sorte de melting pot qui nous invite au coeur d’un certain nombre d’objets usuels, et d’architecture,

On y apprend l’importance du tissage, assimilé à la parole et oeuvre des hommes, on y voit toute la symbolique prophylactique (qui a vertu de protection) des objets usuels tels que les serrures de portes, le rôle du Hogon (le chef religieux) et les objets qu’il utilise, ou des fragments d’architecture en l’occurence des piliers de bois, en provenance du Togu Na, la maison des hommes, espace de réunion.

 

Volet dogon

 

 

Un dernier panneau nous replace la culture Dogon aujourd’hui.

Si les Dogon-Mandé fuyaient l’islamisation, elle a aujourd’hui rattrapé le peuple mais pas la culture. Oui! La culture Dogon, mise à jour, ouverte, et vivante est pérenne. Maintenant distincte de la religion et ouverte au tourisme, les Dogons sont aujourd’hui environ 400 000 à vivre sur le Plateau Malien.

 

* La mythologie Dogon en quelques points succins

♣ chez les Dogons, le Nyama anime chaque être ; les statues produites de façon exclusive par les forgerons, sont le réceptacle du Nyama des morts, les ancêtres.

♣ Amma, le dieu suprême a créé le monde par la parole (la tradition orale étant de ce fait très importante chez les Dogons, la puissance et le pouvoir passant par la parole)

♣ Amma crée alors les 2 premiers êtres : deux jumeaux sous forme de 2 poissons. Mais l’un d’eux se rebelle et s’enfuit. Il arrive sur terre sous les traits d’un renard qui ne peut plus communiquer avec les hommes que par ses empreintes (utilisées pour la divination) (il est alors privé de parole)

♣ Son jumeau est sacrifié par Amma pour rétablir alors l’ordre du monde et créer les 4 points cardinaux

♣ Amma crée alors à partir du placenta originel les 8 ancêtres mythiques, nés de l’argile et du 1er couple, et ressuscite Nommo, le sacrifié.

♣ Amma les place alors dans une arche qui descend sur terre, donnant naissance aux hommes.

♣ Nommo, sous l’aspect d’un cheval, leur enseigne le langage, le tissage et l’agriculture notamment.

♣ Seul le hogon a le pouvoir de prier de Amma et ainsi de conseiller les hommes

 

En résumé une exposition intéressante, non exhaustive, qui à mon sens donne un bon aperçu d’une culture à travers sa production artistique. Si vous voulez découvrir, c’est le moment! Et avant le 24.07 ;-)

Désolée de ne pas vous fournir plus de photos, les photos étant en théorie interdites j’avais laissé mon appareil à la maison (et vous n’imaginez pas ma frustration en voyant tout le monde prendre des photos! ;-) )

 

Sinon ne manquez pas non plus l’exposition sur les Mayas : de l’aube au crépuscule, collections nationales du Guatemala, jusqu’au 02.10.11

Billet à venir la semaine prochaine !

 

Infos Pratiques

Musée du quai Branly
37, quai Branly
75007 – Paris
Tél : 01 56 61 70 00

Métros : Iéna, Alma Marceau, Bir Hakeim, Ecole militaire
mardi, mercredi et dimanche : de 11h à 19h
jeudi, vendredi et samedi : de 11h à 21h

 

Si vous avez envie de faire un petit clic, ce serait trop choupinou ! ^^ Merci! Bisous!

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Par petiteparisienne.

4 Réponses à “Dogons : une culture africaine”

  1. Lilith dit :

    Bizarrement, je n’ai jamais été très intéressé par ces arts-ci… C’est un manque oui, mais je ne peux me forcer!

    • petite parisienne dit :

      Alors c’est vrai que je n’ai jamais été passionnée par l’art africain. Mais (on a cette chance au louvre et j’ai vraiment découvert branly comme ça) d’avoir des TDO in situ dans les musées devant les oeuvres. C’est beaucoup plus facile de savourer une oeuvre. Et d’autant plus quand cette oeuvre est synonyme d’histoire, de culture, de civilisation et de traduction de la cosmogonie et des mythes de cette culture. (par contre même si je ne m’intéresse pas plus que ça aux mythes africains je suis fascinée par les mythes surtout les cosmogonies. Et j’aime beaucoup les masques que l’on retrouve aussi en Océanie et leur symbolique. D’autant qu’ils sont toujours utilisés!) Connaissant trop peu l’Afrique, je m’y suis un minimum intéressée! Et il y a (contrairement à mes idées reçues) de très belles statues! (ce n’est pas dans l’expo que j’ai vu les plus belles ;-) ) Mais cette expo a l’avantage d’être très didactique (il ne manquait qu’une grande carte pour ne pas s’embrouiller les cultures et spécificités régionales) avec toutes les aires d’influence par époque et les migrations ;-) Ensuite tu sais il y a tellement d’oeuvre sen art contemporain qui me laissent froides ;-)

  2. Elisa dit :

    Bon article Céline, ca donne envie vraiment.
    Ma dernière fois à Paris, j´ai raté ce musée. Cependant, j´adore ce genre d´expos.
    Merci pour partager
    Bisous

  3. petite parisienne dit :

    Merci Elisa, c’est adorable! :)
    Si un jour tu reviens à Paris tu me le diras et je serais ton guide dans ce musée ;-)
    Ce que j’y aime particulièrement ce sont les cultures d’Amérique du Sud et leurs objets ^^
    Bisous à toi!

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